El tono cambia cuando Manón conoce por el padre de Des Grieux que éste se encuentra en un seminario. La acción se dirige hacia allí. El siguiente video es la interpretación de Rolando Villazón en «Ah fuyez douce image», en donde sus facultades vocales y dramáticas brillan en un canto que expresa su deseo de olvidarla.
Rolando Villazon «Ah fuyez douce image» Manon Berlin, 07
Manón, tras varias artimañas logra encontrarse con Des Grieux en S. Sulpicio y tienen lugar los momentos más intensos del acto, que por su «fuerza» ha dado lugar a otra entrada aislada y complementaria a esta: Duo Anna Netrebko y Rolando Villazón, Escena S. Sulpicio, Manón de Massenet (acto III)
Un fragmento del duo se vuelve a presentar ahora siguiendo con Anna Netrebko pero esta vez con Roberto Alagna en Viena 2007.
A. Netrebko & R. Alagna «N’est-ce plus ma main» Manon Acto 3
ACTE III PREMIER TABLEAU Le Cours-la-Reine Scène Première (Le promenade du Course-la Reine un jour de fête populaire. Entre les grands arbres, des boutiques de divers marchands: Modistes, marchands de jouets, saltimbanques, marchand de chansons, etc. A droite, l'enseigne d'un bal. Grand Mouvement au Lever du Rideau. Des marchands, et des marchandes poursuivent des passants, seigneurs, bourgeois et bourgeoises, en leur offrant toutes sortes d'objets.) LES VENDEURS Voyez mules à fleurettes! Fichus et coqueluchons! UNE MARCHANDE Rouge, mouches et manchettes! UN MARCHAND DE CHANSONS Achetez-moi mes chansons! MARCHANDS (ténors) Billets pour la loterie (basses) Rubans, cannes et chapeaux! UN MARCHAND Poudre, râpes à tabac. UN MARCHAND D'ELIXIR Elixir pour l'estomac! UN CUISINIER Il est temps qu'on se régale! Ma cuisine est sans égale! MODISTES Bonnets, paniers, collerettes! Gaze, linon et manchons! Bonbons et pâtisserie! Jouets, balles et sabots! Fichus et coqueluchons! UNE MARCHANDE Plumes, et fines aigrettes! Rouge, mouches et manchettes! UNE MODISTE Voyez mules à fleurettes! MARCHANDS Billets pour la loterie! Rubans, cannes et chapeaux! BOURGEOIS ET BOURGEOISES (Les Marchands avec la foule) C'est fête au Cours-la-Reine! On y rit, on y boit à la santé du Roi! On y rit, on y boit Pendant une semaine! On y rit on y boit à la santé du Roi! C'est fête au Cours-la-Reine! On y boit à la santé du Roi! (Poussette et Javotte sortent du bal Deux petits clercs qui paraissaient Chercher dans la foule les aperçoivent et sur un signe d'elles courent à leur rencontre. Rosette paraît à son tour. Musique de bal dans le lointain.) POUSSETTE ET JAVOTTE La charmante promenade, Ah! que ce séjour est doux... Que c'est bon! que c'est bon une escapade, Loin des regards d'un jaloux! POUSSETTE (aux pettits clercs avec prècaution) C'est entendu! JAVOTTE Tenez-vous bien! ROSETTE Un mot pourrait nous compromettre! POUSSETTE C'est entendu! JAVOTTE Mon coeur veut bien tout vous promettre! POUSSETTE Tout! ROSETTE Mais que Guillot n'en sache rien! POUSSETTE ET JAVOTTE Mais que Guillot n'en sache rien! Rien! JAVOTTE Rien! POUSSETTE Rien! POUSSETTE ET JAVOTTE (changeant de ton) La charmante promenade. Ah! que ce séjour est doux! Que c'est bon! que c'est bon une escapade, Loin des regards d'un jaloux! POUSSETTE Que c'est bon! JAVOTTE La charmante promenade! Que c'est bon! POUSSETTE La charmante promenade. POUSSETTE ET JAVOTTE Loin des regards d'un jaloux! que c'est bon! (Poussette et Javotte rentrent dans le bal. Rosette s'est éloignée.) MODISTES Voyez mules à fleurettes! Fichus et coqueluchons! UNE MARCHANDE Rouge, mouches et manchettes! UN MARCHAND DE CHANSONS Achetez-moi mes chansons! UN MARCHAND Poudre, rapes à tabac! MARCHANDS Billets pour la loterie! Rubans, cannes et chapeaux! MARCHAND D'ELIXIR Elixir pour l'estomac! UN CUISINIER Il est temps qu'on se régale! BOURGEOISES ET BOURGEOIS (Les Marchands avec la foule) C'est fête au Cours-la-Reine! On y rit, on y boit à la santé du Roi! (Marchandes et Marchands poursuivant Lescaut entre la foule.) Scène Seconde LES VENDEURS Tenez, monsieur! Tenez, monsieur! Prenez, monsieur! choisissez! Prenez! Choisissez! LESCAUT Choisir! Et pourquoi? Donnez encore! Ce soir, j'achète tout! C'est pour la beauté que j'adore, Je m'en rapporte à votre goût, a votre goût! (Il prend tous les objets qu'on lui donne et paie tout le monde) BOURGEOISES ET BOURGEOIS Tenez! monsieur, tenez, prenez! LESCAUT A quoi bon l'économie Quand on a trois dés en main, Et que l'on sait le chemin De l'hôtel de Transylvanie! A quoi bon! à quoi bon l'économie! A quoi bon! à quoi bon l'économie! BOURGEOISES & BOURGEOIS Tenez! monsieur, tenez, prenez! LESCAUT (montrant qu'il a les bras remplis de ses achats) Assez! Assez! (avec sentiment) O Rosalinde, Il me faudrait gravir le Pinde, Pour te chanter comme il convient! Que sont les sultanes de l'Inde Et les Armide et les Clorinde, Près de toi, que sont elles? Rien... rien du tout! Rien du tout! Ô ma Rosalinde, Je veux gravir le Pinde Pour te chanter comme il convient! Ma Rosalinde! Ma Rosalinde! Ma Rosalinde! Choisir! choisir! non, ma foi! A quoi bon l'économie, Quand on a trois dés en main Et que l'on sait le chemin De l'hôtel de Transylvanie! A quoi bon! à quoi bon l’économie! (avec sentiment) Approchez! Ô belles! approchez! J'offre un bijou... J'offre un bijou. J'offre un bijou pour deux baisers! (Sortie de Lescaut. Mouvement dans la foule. Poussette, Javotte et Rosette sortent du bal.) Scène Troisième GUILLOT (les apercevant) Bonjour Poussette! POUSSETTE (avec un cri) Ah! ciel! GUILLOT Bonjour, Javotte! JAVOTTE (de même, elles se sauvent) Ah! Dieu! GUILLOT Bonjour, Rosette! ROSETTE (Se sauvant) Ah! GUILLOT Morbleu! Elles me plantent là! coquine! Péronnelle! Et j'en avais pris trois... pourtant il me semblait Pourvoir compter, si l'une me trompait, Qu'une autre au moins serait fidèle... La femme est, je l'avoue, un méchant animal! BRÉTIGNY (qui est entré sur ces dernières paroles) Ah! Ah! Pas mal, Guillot, ce mot là n'est pas mal! Mais il n'est pas de vous! (Guillot le regarde avec fureur.) Dieu! Quel sombre visage! Dame Javotte, je le gage Vous aura fait des traits... GUILLOT Javotte, c'est fini! BRÉTIGNY Et Poussette? GUILLOT Poussette aussi! BRÉTIGNY Vous voilà libre alors? (ironiquement) Guillot, je vous en prie N'allez pas m'enlever Manon! GUILLOT Vous enlever... BRÉTIGNY Non, jurez-moi que non! GUILLOT Laissons cette plaisanterie! Mais dites-moi, mon cher, on m'a conté A propos de Manon, que vous ayant prié De faire venir l'opéra chez elle, Vous avez, en dépit des larmes de la belle, Répondu: Non, BRÉTIGNY C'est très vrai; la nouvelle Est exacte GUILLOT Il suffit; souffrez que je vous quitte. Pour un instant,... mais je reviendrai vite. (Il sort en se frottant les mains et en fredonnant) Dig et dig et don! Dig et dig et don! On te la prendre ta Manon! Dig et dig et don! On te la prendre ta Manon! (Les Promeneurs et les Marchands reviennent.) Scène Quatrième MARCHANDES, MARCHANDS, BOURGEOISES, ET BOURGEOIS Voici les élégantes! Les belles indolentes! Maîtresses des coeurs Aux regards vainqueurs! (Pendant ce temps, Brétigny s'est avancé avec quelques seigneurs de ses amis et a aidé Manon à descendre de sa chaise.) BOURGEOIS (Entr'eux) Quelle est cette princesse? MARCHANDS (de même) C'est au moins une Duchesse! MARCHANDES (aux promeneurs) Eh! Ne savez-vous pas son nom? C'est Manon! MARCHANDS, BOURGEOIS, MARCHANDES ET BOURGEOISES Voici les élégantes! Les belles indolentes, Maîtresses des coeurs Aux regards vainqueurs! BRÉTIGNY (à Manon) Ravissante Manon! LES SEIGNEURS (avec empressement) Ravissante Manon! MANON Suis-je gentille ainsi? BRÉTIGNY ET LES SEIGNEURS Adorable! Divine! Divine! MANON Est-ce vrai? grand merci! (avec coquetterie) Je consens, vu que je suis bonne, A laisser admirer ma charmante personne! (avec impertinence et gaieté) Je marche sur tous les chemins, Aussi bien qu'une souveraine, On s'incline, on baise ma main, Car par la beauté je suis reine! Je suis reine! Mes chevaux courent à grands pas. Devant ma vie aventureuse, Les grands s'avancent chapeau bas... Je suis belle, je suis heureuse! Je suis belle! Autour de moi tout doit fleurir! Je vais à tout ce qui m'attire! Et, si Manon devait jamais mourir, Ce serait, mes amis, dans un éclat de rire! Ah! Ah! Ah! Ah! BRÉTIGNY, LES SEIGNEURS Bravo! Bravo! Manon! Bravo! MANON Ah! Ah! Ah! Obéissons quand leur voix appelle Aux tendres amours, Toujours, toujours, toujours, Tant que vous êtes belle, usez sans les compter vos jours, tous vos jours! Profitons bien de la jeunesse, Des jours qu'amène le printemps; Aimons, rions, chantons sans cesse, Nous n'avons encor que vingt ans! BRÉTIGNY ET LES SEIGNEURS (Brétigny avec les basses) Profitons bien de la jeunesse! MANON Profitons bien de la jeunesse, Aimons, rions, chantons sans cesse, Nous n'avons encor que vingt ans! BRÉTIGNY ET LES SEIGNEURS Profitons bien de la jeunesse! Rions! Ah! ah! MANON (en riant) Ah! ah! Le coeur, hélas! le plus fidèle, Oublie en un jour l'amour, L'amour... L'amour, Et la jeunesse ouvrant son aile a disparu sans retour. Sans retour. Profitons bien de la jeunesse, Bien court est le printemps! Aimons, chantons, rions sans cesse, Nous n'aurons pas toujours vingt ans! BRÉTIGNY ET LES SEIGNEURS Profitons bien de la jeunesse! MANON Profitons bien de la jeunesse! Aimons, chantons, rions sans cesse, Profitons bien de nos vingt ans ! Ah! Ah! BRÉTIGNY ET LES SEIGNEURS Profitons bien de la jeunesse! Aimons, chantons, rions sans cesse, Profitons bien de nos vingt ans ! Ah! Ah! MANON (à Brétigny) Et maintenant... restez seul un instant. Je veux faire ici quelque emplette... BRÉTIGNY (galamment) Avec vous disparaît tout l'éclat de la fête! Ravissante Manon! Avec vous disparaît tout l'éclat de la fête! MANON Une fadeur! C'est du dernier galant! On n'est pas grand Seigneur sans être un peu poète! (Manon s'éloigne et se dirige vers les petites boutiques du fond, escortée des curieux qui sortent peu à peu.) PROMENEURS, MARCHANDS ET MARCHANDES Voici les élégantes! Les belles indolentes! Maîtresses des coeurs! Aux regards vainqueurs! LA MOITIE (en s'éloignant) Les élégantes... ENCORE MOINS (de même) Les élégantes! UN MARCHAND (au loin) Poudre, rapes à tabac! Scène Cinquième BRÉTIGNY Je ne me trompe pas, le Comte Des Grieux... LE COMTE Monsieur de Brétigny? BRÉTIGNY Moi-même, C'est à peine si je puis en croire mes yeux! Vous, à Paris? LE COMTE C'est mon fils qui m'amène. BRÉTIGNY Le Chevalier? LE COMTE Il n'est plus Chevalier, C'est l'abbé Des Grieux qu'à présent il faut dire MANON (qui s'est rapprochée tout en feignant de parler à un marchand) Des Grieux! BRÉTIGNY Abbé! Lui! Comment! LE COMTE Le Ciel l'attire! Dans les ordres, il veut entrer. Il est à St. Sulpice, et ce soir en Sorbonne, Il prononce un discours. (Manon s'éloigne après avoir entendu ces derniers mots) BRÉTIGNY (souriant) Abbé! Cela m'étonne, un pareil changement... LE COMTE (souriant aussi) C'est vous qui l'avez fait, En vous chargeant de briser net L'amour qui l'attachait à certaine personne... BRÉTIGNY (montrant Manon qui est au fond) Plus bas! LE COMTE C'est elle? BRÉTIGNY Oui, c'est Manon. LE COMTE (gouailleur) Je devine alors la raison Qui vous fit, avec tant de zèle, Prendre les intérêts de mon fils... (voyant Manon qui se rapproche) Mais, pardon! Elle veut vous parler... (Il salue et s'éloigne un peu, à part) Elle est vraiment fort belle! MANON (à Brétigny) Je voudrais, mon ami, avoir un bracelet pareil à celui-ci... Je ne puis le trouver... BRÉTIGNY C'est bien, je vais moi-même... (Il salue Le Comte et sort.) LE COMTE (à part) Elle est charmante et je comprends qu'on l'aime! Scène Sixième MANON (au Comte, avec embarras) Pardon! Mais j'étais là... près de vous, à deux pas... J'entendais malgré moi... Je suis très curieuse... LE COMTE (souriant) C'est un petit défaut... très petit... ici-bas... (saluant, voulant s'éloigner) Madame! MANON (se rapprochant) Il s'agissait... d'une histoire... amoureuse? LE COMTE (étonné) Mais oui... MANON (contenant son émotion) C'est que je crois... Pardonnez-moi, je vous en prie Je crois... que cet abbé Des Grieux... autrefois... aimait... LE COMTE Qui donc? MANON Elle était mon amie LE COMTE Ah! très bien. MANON (avec une émotion croissante) Il l'aimait... et je voudrais savoir... Si sa raison sortit victorieuse... Et si, de l'oublieuse Il a pu parvenir A chasser de son coeur... le cruel souvenir? LE COMTE (légèrement et cependant avec expression) Faut-il donc savoir tant de choses? Que deviennent les plus beaux jours? Où vont les premières amours? Où vole le parfum des roses? MANON (à part) Mon Dieu! Mon Dieu! Donnez-moi le courage De tout oser lui demander! Mon Dieu! Mon Dieu! Donnez-moi le courage De tout oser lui demander! LE COMTE Ignorer n'est-il pas plus sage, Au passé pourquoi s'attarder? MANON Un mot encore!... A-t-il souffert de son absence? Vous a-t-il dit parfois son nom? LE COMTE (la regardant fixement) Ses larmes coulaient en silence. MANON (très émue) L'a-t-il maudite, en pleurant? LE COMTE Non! MANON Vous a-t-il dit que la parjure L'avait aimé? LE COMTE (après avoir hésité) Son coeur, guéri de sa blessure, S'est refermé! MANON Mais depuis? LE COMTE (légèrement et avec intention) Il a fait ainsi que votre amie, Ce que l'on doit faire ici bas, Quand on est sage, N'est ce pas? On oublie! MANON (douloureusement) On oublie! (Le Comte salue respectueusement et se retire. À elle-même) ... on oublie! (Variante pour les Théâtres qui n'ont pas de Ballet) MANON (revenant subitement à elle) Non, sa vie à vie à la mienne est pour jamais liée... Il ne peut m'avoir oubliée! (Elle se dispose à partir lorsqu'elle aperçoit Lescaut donnant le bras à Rosalinde et entrant en scène suivi de la foule. S'adresse à Lescaut.) Ma chaise, mon Cousin? LESCAUT (quittant le bras de Rosalinde et s'avançant avec empressement) On faut-il vous porter, Cousine? MANON À St. Sulpice! LESCAUT (stupéfait) A St. Sulpice! Quel est ce bizarre caprice? Pardonnez-moi de vous faire répéter... à St. Sulpice? MANON (résolument et remontant pour sortir) A St. Sulpice! (Elle sort suivie de Lescaut qui fait de grands gestes d'étonnement. La foule des seigneurs, dames élégantes, promeneurs et marchants revient. Entrent Brétigny, Guillot puis Lescaut, accompagnés de plusieurs amis. Les passages suivants sont parlés) Scène Septième BRÉTIGNY Répondez-moi, Guillot! (On rit.) GUILLOT Jamais! Mais rira bien qui rira le dernier! BRÉTIGNY Monsieur de Morfontaine, vous allez tout me dire! GUILLOT A vous, mon ami, rien! (se tournant vers Manon) Mais à vous, ô ma Reine! BRÉTIGNY Plaît-il? GUILLOT Eh bien! Oui...l'Opéra que vous lui refusiez... Il sera dans un instant... ici. (Mouvement dans la foule.) BRÉTIGNY Je dois rendre les armes! (à Manon) Manon, vous êtes triste! MANON Oh! non! BRÉTIGNY On dirait que des larmes... MANON Folie! GUILLOT (à Manon) Allons, Manon, Approchez, s'il vous plaît, (avec importance) On va danser pour vous notre nouveau ballet! (à Lescaut) Lescaut, venez! LESCAUT (vivement empressé) Je suis là pour vous plaire... GUILLOT Veillez... le tout est à mes frais, A ce qu'on donne à boire au populaire... (tirant sa bourse) Combien? LESCAUT (prenant la bourse et s'éloignant) Nous compterons après! SEIGNEURS, PROMENEURS, MARCHANDS ET BRÉTIGNY Voici l'Opéra! Voici l'Opéra! Voici l'Opéra! L'Opéra! PREAMBULE: La Présentation BRÉTIGNY, SEIGNEURS ET BOURGEOIS L'Opéra! Voici l'Opéra! Tout Paris... tout Paris.. en parlera! En parlera! C'est le ballet de l'Opéra! (Entr’eux) C'est un plaisir... c'est un plaisir... etc. de souveraine! de souveraine! etc. Et son rival... enragera! etc L'ami Guillot... se ruinera! etc Avoir fait venir l'Opéra! GUILLOT (à part, avec joie) C'est un plaisir de souveraine! Avoir fait venir l'Opéra Et son ballet au Cours-la-Reine! (En imitant le mouvement des danseurs) Mon rival enragera! Il enragera! BRÉTIGNY, SEIGNEURS ET BOURGEOIS L'Opéra! Voici l'Opéra! Tout Paris... tout Paris.. en parlera! En parlera! C'est le ballet de l'Opéra! BALLET MANON (à part, à elle-même, troublée) Non... sa vie à la mienne est pour jamais liée! Il ne peut m'avoir oubliée... (voyant Lescaut près d'elle) ma chaise, mon cousin... LESCAUT Où faut-il vous porter cousine? MANON À St. Sulpice! LESCAUT Quel est ce bizarre caprice? Pardonnez-moi de faire répéter... À St. Sulpice? MANON À St. Sulpice! GUILLOT Eh bien, maîtresse de ma vie qu'en dites-vous? MANON Je n'ai rien vu! GUILLOT (stupéfait) Rien vu!... voilà le prix de ma galanterie! Est-ce là ce qui m'était dû? (Variante pour les Théâtres qui n'ont pas de ballet Recommence ici.) LA FOULE C'est fête au Cours-la-Reine! On y danse, On y boit à la santé du Roi! A la santé du Roi! (Le Choeur continue rideau baissé.) DEUXIÈME TABLEAU La parloir du séminaire de St. Sulpice Scène Première (Grand Orgue derrière le rideau baissé. Grandes Dames et Bourgeoises dévotes sortant de la chapelle du séminaire.) CHOEUR DES DAMES (entr'elles, parlant de Des Grieux) Quelle éloquence! Quelle abondance! Etc L'admirable orateur! Etc Le grand prédicateur! Etc Quelle éloquence! Et dans sa voix quelle douceur! Quelle douceur, et quelle flamme! Comme en l'écoutant... La ferveur pénètre doucement jusqu'au fond de nos âmes! Ah! Ah! Quel orateur! L'admirable orateur Le grand prédicateur! De quel art divin, etc Il A dans sa thèse. etc Peint Saint Augustin, etc Et Sainte Thérèse! Lui-même est un Saint! C'est un fait certain! Un saint! N'est-ce pas, ma chère? C'est un Saint, etc C'est certain, etc C'est un Saint! un saint! (Des Grieux paraît. Les dévotes, entr'elles, avec dévotion.) C'est Lui! c'est l'abbé Des Grieux Voyez comme il baisse les yeux! (Les dévotes et les fidèles sortent peu à peu après avoir salué Des Grieux avec de profondes révérences. Le passage suivant est parlé) Scène Seconde LE COMTE DES GRIEUX Bravo, mon cher, succès complet! Notre maison doit être fière D'avoir parmi les siens un nouveau Bossuet. DES GRIEUX De grâce, épargnez-moi, mon père!. (Silence) LE COMTE Et, c'est pour de bon, chevalier, Que tu prétends au ciel pour jamais te lier? DES GRIEUX Oui, Je n'ai trouvé dans la vie Qu'amertume et dégoût... LE COMTE (Avec une légère ironie) Les grands mots que voilà! Quelle route as-tu donc suivie, Et que sais-tu de cette vie Pour penser qu'elle finit là? Epouse quelque brave fille, Digne de nous, digne de toi, Deviens un père de famille Ni pire, ni meilleur que moi, Le ciel n'en veut pas davantage; C'est là le devoir, entends-tu? C'est là le devoir, La vertu qui fait du tapage N'est déjà plus de la vertu! Epouse quelque brave fille, Digne de nous, digne de toi, Le ciel n'en veut pas davantage; C'est là le devoir, c'est là le devoir! DES GRIEUX Rien ne peut m'empêcher De prononcer mes voeux! LE COMTE C'est dit alors? DES GRIEUX Oui, je le veux! LE COMTE Soit! Je franchirai donc seul cette grille, Et vais leur annoncer là-bas Qu'ils ont un Saint dans la famille... J'en sais beaucoup qui ne me croiront pas! DES GRIEUX Ne raillez pas, Monsieur, je vous en prie! LE COMTE (ému) Un mot encore! Comme il n'est pas certain Que l'on te donne ici, du jour au lendemain, Un bénéfice, une abbaye... Je vais dès ce soir t'envoyer Trente mille livres... DES GRIEUX Mon père... LE COMTE C'est à toi, c'est ta part Sur le bien de ta mère; Et maintenant... adieu, mon fils, DES GRIEUX Adieu mon père! LE COMTE Adieu... reste à prier! (Il sort) Scène Troisième DES GRIEUX (seul) Je suis seul! Seul enfin! C'est le moment suprême! (calme) Il n'est plus rien que j'aime Que le repos sacré que m'apporte la foi! Oui, j'ai voulu mettre Dieu même Entre le monde et moi! (très calme) Ah! fuyez, douce image, à mon âme trop chère; Respectez un repos cruellement gagné, Et songez, si j'ai bu dans une coupe amère, Que mon coeur l'emplirait de ce qu'il a saigné! Ah! fuyez! fuyez! loin de moi! Ah! fuyez! Que m'importe la vie et ce semblant de gloire? Je ne veux que chasser du fond de ma mémoire... Un nom maudit! ce nom... qui m'obsède et pourquoi? LE PORTIER DU SEMINAIRE C'est l'office! DES GRIEUX (à lui-même) J'y vais! Mon Dieu! De votre flamme Purifiez mon âme... Et dissipez à sa lueur L'ombre qui passe encor dans le fond de mon coeur! Ah! fuyez, douce image, à mon âme trop chère! Ah! fuyez! fuyez! loin de moi! Ah! fuyez! loin de moi! loin de moi! (cloche lointaine) Scène Quatrième LE PORTIER DU SEMINAIRE Il est jeune... et sa foi Semble sincère... il a fait grand émoi Parmi les plus belles De nos fidèles! (Manon paraît.) Scène Cinquième MANON (avec effort) Monsieur... je veux parler... à... l'Abbé... Des Grieux! LE PORTIER DU SEMINAIRE Fort bien! MANON (lui donnant de l'argent) Tenez! (Le Portier de Séminaire salue et sort.) Scène Sixième Ces murs silencieux... Cet air froid qu'on respire... Pourvu que tout cela n'ait pas changé son coeur! Devenu sans pitié pour une folle erreur Pourvu qu'il n'ait pas appris à maudire! VOIX DANS LA CHAPELLE DU SEMINAIRE (dans le lointain) Magnificat anima mea Dominum, Et exultavit spiritus meus. MANON (écoutant) Là-bas... on prie... Ah!... je voudrais prier! Pardonnez-moi, Dieu de toute puissance, Pardonnez-moi, Dieu de toute puissance, Car si j'ose vous supplier, En implorant votre clémence, Si ma voix de si bas... peut monter jusqu'aux cieux... ah! (très expressif) C'est pour vous demander le coeur de Des Grieux! Pardonnez-moi, mon Dieu! pardonnez-moi, mon Dieu! VOIX DANS LA CHAPELLE DU SÉMINAIRE In Deo Salutari meo, Salutari meo. (Des Grieux entre par le fond.) Scène Septième MANON (avec angoisse) C'est lui! (Manon se détourne, elle est prête à défaillir. Des Grieux s'avance.) DES GRIEUX Toi! (presque parlé) Vous! MANON Oui... c'est moi!... c'est moi! Oui! c'est moi! DES GRIEUX Que viens tu faire ici? Va-t'en! Va-t'en! Eloigne-toi! MANON (douloureux et suppliant) Oui! Je fis cruelle et coupable! Mais rappelez-vous tant d'amour! Ah! dans ce regard qui m'accable Lirai-je mon pardon, un jour? DES GRIEUX Eloigne-toi! MANON Oui! Je fus cruelle et coupable! Ah! rappelez-vous tant d'amour! Rappelez-vous tant d'amour! DES GRIEUX Non! j'avais écrit sur le sable Ce rêve insensé d'un amour Que le ciel n'avait fait durable Que pour un instant, (avec amertume) pour un jour! MANON Oui! je fus coupable! Oui! je fus cruelle... DES GRIEUX J'avais écrit sur le sable... C'était un rêve Que le ciel n'avait fait durable Que pour un instant pour un jour! Ah! perfide Manon! MANON (se rapprochant) Si je me repentais... DES GRIEUX Ah! perfide! perfide! MANON Est-ce que tu n'aurais pas de pitié? DES GRIEUX (l'interrompant) Je ne veux pas vous croire... Non! Vous êtes sortie enfin de ma mémoire... Ainsi que de mon coeur! MANON (avec des larmes) Hélas! Hélas! l'oiseau qui fuit Ce qu'il croit l'esclavage Le plus souvent la nuit, D'un vol désespéré revient battre au vitrage! Pardonne moi! DES GRIEUX No! MANON Je meurs à tes genoux... (avec élan et désespoir) Ah! rends moi ton amour si tu veux que je vive! DES GRIEUX Non! il est mort pour vous! MANON L'est il donc à ce point que rien ne le ravive! Ecoute-moi! Rappelle-toi! (avec un grand charme et très caressant) N'est-ce plus ma main que cette main presse? N'est-ce plus ma voix? N'est-elle pour toi plus une caresse, Tout comme autrefois? Et ces yeux, jadis pour toi pleins de charmes, Ne brillent-ils plus à travers (avec un sanglot) mes larmes? (très ému et haletant) Ne suis-je plus moi? N'ai-je plus mon nom? Ah! regarde-moi! Regarde-moi! N'est-ce plus ma main que cette main presse, Tout comme autrefois? N'est-ce plus ma voix? n'est-ce plus Manon! Rappelle-toi... N'est-ce plus ma main? Ecoute-moi: N'est-ce plus ma voix? N'ai-je plus mon nom? N'est-ce plus Manon? DES GRIEUX (dans le plus grand trouble) O Dieu! Soutenez moi dans cet instant suprême... MANON Je t'aime! DES GRIEUX Ah! Tais-toi! Ne parle pas d'amour ici.. C'est un blasphème... MANON Je t'aime! DES GRIEUX Ah! Tais-toi! Ne parle pas d'amour! MANON (enfiévrée) Je t'aime! (Cloche lointaine) DES GRIEUX (écoutant, avec angoisse) C'est l'heure de prier... MANON Non! Je ne te quitte pas! DES GRIEUX On m'appelle là-bas... MANON Non! Je ne te quitte pas! Viens! (avec fièvre) N'est-ce plus ma main que cette main presse, Tout comme autrefois? DES GRIEUX (éperdu peu à peu) Tout comme autre fois! MANON Et ces yeux, jadis, pour toi pleins de charmes, N'est-ce plus Manon? DES GRIEUX Tout comme autrefois... Tout comme autrefois... MANON Ah! Regarde-moi! Ne suis-je plus moi? N'est-ce plus Manon? DES GRIEUX (avec élan) Ah! Manon! Je ne veux plus lutter contre moi même! MANON (avec un cri de joie) Enfin! DES GRIEUX Et dussé-je sur moi faire crouler les cieux... Ma vie est dans ton coeur, Ma vie est dans tes yeux... (avec exaltation et abandon) Ah! Viens! Manon Je t'aime! MANON & DES GRIEUX (avec ardeur) Je t'aime! RIDEAU | ACTO III CUADRO PRIMERO Cours-la-Reine Escena Primera (El paseo de Cours-la-Reine un día de fiesta. Entre los árboles, unas tiendas de diversos vendedores: modistas, vendedores de juguetes, saltimbanquis, vendedores de canciones, etc. A la derecha, el rótulo anunciando un baile. Gran movimiento de gente al levantarse el telón. Unos vendedores y unas vendedoras persiguen a los paseantes, señores y burgueses, ofreciéndoles toda clase de objetos) LOS VENDEDORES ¡Mirad zapatillas con florecitas! ¡Toquillas y capuchas! UNA VENDEDORA ¡Rojos, pañuelos y puños! UN POETA ¡Compradme mis canciones! VENDEDORES (tenores) Décimos de lotería (Bajos) ¡Cintas, bastones y sombreros! UN VENDEDOR ¡Polvo, picadura de tabaco! UN CURANDERO ¡Remedio para el estómago! UN COCINERO ¡Es el momento de invitarlo! ¡Mi cocina no tiene igual! MODISTAS ¡Gorritos, canastillas, encajes! ¡Gasa, lino y manguitos, bombones y pastelería! ¡Juguetes, pelotas y peonzas! ¡Toquillas y capuchas! UNA VENDEDORA ¡Plumas y finos penachos! ¡Rojos, pañuelos y puños! UNA MODISTA ¡Mirad zapatillas con florecitas! VENDEDORES ¡Décimos de lotería! ¡Cintas, bastones y sombreros! BURGUESES (Los vendedores con la gente) ¡Es fiesta en Cours-la-Reine! ¡Se ríe y se bebe a la salud del rey! ¡Se ríe y se bebe durante toda una semana! ¡Se ríe y se bebe a la salud del rey! ¡Es fiesta en Cours-la-Reine! ¡Se bebe a la salud del rey! (Poussette y Javotte salen del baile. Dos pequeños gamines que parecen buscar entre la gente, las divisan y a un signo de ellas corren a su encuentro. Rosette también aparece. Se oye música de baile a lo lejos) POUSSETTE, JAVOTTE Este paseo es encantador. ¡Ah! ¡Qué lugar tan agradable!... ¡Qué bien se está! ¡Está bien que nos divirtamos, lejos de las miradas de los envidiosos! POUSSETTE (a los gamines, con precaución) ¡De acuerdo! JAVOTTE ¡Compórtate! ROSETTE ¡Una sola palabra podría comprometernos! POUSSETTE ¡Correcto! JAVOTTE ¡Mi corazón quiere volar libre! POUSSETTE ¡Libre! ROSETTE ¡Pero que Guillot no sepa nada! POUSETTE, JAVOTTE ¡Pero que Guillot no sepa nada! ¡nada! JAVOTTE ¡Nada! POUSSETTE ¡Nada! POUSSETTE, JAVOTTE (cambiando el tono) Qué paseo tan encantador. ¡Ah! ¡Qué lugar tan agradable... ¡Qué bien se está! ¡Está bien que nos divirtamos, lejos de las miradas de los envidiosos! POUSSETTE ¡Está bien! JAVOTTE ¡Qué paseo tan encantador! ¡Qué bien se está! POUSSETTE ¡Qué paseo tan encantador! POUSSETTE Y JAVOTTE ¡Lejos de las miradas de los envidiosos! ¡Qué bien se está! (Poussette y Javotte vuelven a entrar en el baile. Rossette se aleja) MODISTAS ¡Mirad zapatillas con florecitas! ¡Toquillas y capuchas! UNA VENDEDORA ¡Rojos, pañuelos y puños! UN POETA ¡Compradme mis canciones! UN VENDEDOR ¡Polvo, picadura de tabaco! VENDEDORES ¡Décimos de lotería! ¡Cintas, bastones y sombreros! UN CURANDERO ¡Remedio para el estómago! UN COCINERO ¡Es el momento de invitarlo! BURGUESES (Los vendedores con la gente) ¡Es fiesta en Cours-la-Reine! ¡Se ríe y se bebe a la salud del rey! (Vendedores y vendedoras persiguiendo a Lescaut entre la gente) Escena Segunda LOS VENDEDORES ¡Tened, Señor! ¡Tened, Señor! ¡Tomad, señor! ¡Elegid! ¡Tomad! ¡Elegid! LESCAUT ¡Elegir! ¿Y por qué? ¡Dad más! ¡Esta noche, lo compro todo! Es para la belleza que adoro, ¡Me fio de vuestro gusto, a vuestro gusto! (Toma todos los artículos que se le ofrecen y los paga generosamente) BURGUESES ¡Tened, señor, tened, tomad! LESCAUT ¡Qué buena economía cuando se tienen unos dados en la mano, y se conoce el camino del hotel Transilvania! ¡Qué derroche! ¡Qué buena economía! ¡Qué derroche! ¡Qué buena economía! BURGUESES ¡Tened, señor, tened, tomad! LESCAUT (mostrando las manos llenas) ¡Basta! ¡Basta! (Con sentimiento) ¡Oh, Rosalinda! ¡Me gustaría poder escalar el monte Pindo, para ser capaz de cantarte como te mereces! ¿Qué son las sultanas de la India y las Armidas y las Clorindas, al lado tuyo, qué son ellas? ¡Nada... nada de nada! ¡Nada de nada! ¡Oh, mi Rosalinda! ¡Quisiera escalar el monte Pindo para ser capaz de cantarte como te mereces! ¡Mi Rosalinda! ¡Mi Rosalinda! ¡Mi Rosalinda! ¿Elegir? ¿Elegir? ¡No, a fe mía! ¡Qué buena economía cuando se tienen unos dados en la mano, y se conoce el camino del hotel Transilvania! ¡Qué derroche! ¡Qué buena economía! (Con sentimiento) ¡Acercaos! ¡Oh, hermosas mujeres! ¡Acercaos! Ofrezco una joya... Ofrezco una joya. ¡Ofrezco una joya por dos besos! (Sale seguido por los vendedores. Poussette, Javotte y Rosette salen del baile) Escena Tercera GUILLOT (distinguiéndolas) ¡Buenos días Poussette! POUSSETTE (con un grito se aleja) ¡Ah! ¡Cielos! GUILLOT ¡Buenos días, Javotte! JAVOTTE (grita y se aleja) ¡Ah! ¡Dios mío! GUILLOT ¡Buenos días, Rosette! ROSETTE (se aleja) ¡Ah! GUILLOT ¡Caramba! ¡Ellas me dejan plantado! ¡Pícaras! ¡Mujeres necias y parlanchinas! Y yo que había quedado con tres... y de esa forma asegurarme al menos una, pues si dos fallaban, la otra me sería fiel... ¡La mujer es, lo reconozco, un animal travieso! BRÉTIGNY (que ha entrado con las últimas palabras) ¡Ja, ja! ¡Cierto, Guillot, esas palabras no están mal! ¡Pero no son propias de vos! (Guillot le mira con furia) ¡Dios mío! ¡Qué mirada tan sombría! Apuesto a que os ha dejado plantado la señora Javotte. GUILLOT ¡Javotte ha acabado! BRÉTIGNY ¿Y Poussette? GUILLOT ¡Poussette también! BRÉTIGNY ¿Estáis libre entonces? (Con ironía) Guillot, os lo ruego, ¡no iréis a quitarme a Manón! GUILLOT ¿Quitaros?... BRÉTIGNY ¡No, juradme que no! GUILLOT ¡Dejemos esta broma! Pero, decidme, querido amigo, me han contado a propósito de Manón, que os había rogado que la representación fuera en su casa, y que habéis, a pesar de sus lágrimas, respondido: no. BRÉTIGNY Es muy cierto; la noticia es exacta. GUILLOT Es suficiente por ahora; dejadme que os deje por unos momentos,... pero volveré rápidamente. (sale frotándose las manos y tarareando) ¡Dig y dig y don! ¡Dig y dig y don! ¡Algún otro tomará a su Manón! ¡Dig y dig y don! ¡Algún otro tomará a su Manón! (Los paseantes y los vendedores vuelven) Escena Cuarta VENDEDORES, BURGUESES ¡Aquí vienen las mujeres elegantes! ¡Las damas indolentes! ¡Dueñas de los corazones con sus miradas vencedoras! (Durante este tiempo, Brétigny se ha adelantado con algunos señores amigos y ha ayudado a Manón a bajar de su vehículo) BURGUESES (Entre ellos) ¿Quién es esta princesa? VENDEDORES (igualmente) ¡Es como mínimo una duquesa! VENDEDORAS (a los paseantes) ¡Eh! ¿No sabéis su nombre? ¡Es Manón! VENDEDORES, BURGUESES, VENDEDORAS Y BURGUESAS ¡Aquí vienen las mujeres elegantes! ¡Las damas indolentes! ¡Dueñas de los corazones con sus miradas vencedoras! BRÉTIGNY (A Manón) ¡Encantadora Manón! LOS SEÑORES (con diligencia) ¡Encantadora Manón! MANÓN ¿Estoy bella? BRÉTIGNY, SEÑORES ¡Adorable! ¡Divina! ¡Divina! MANÓN ¿Cierto? ¡Muchas gracias! (Con coquetería) ¡Consiento, puesto que soy tan buena, en dejar admirar mi encantadora persona! (Con impertinencia y alegría) ¡Cuando ando por los caminos, al igual que a una soberana, todos se inclinan, besando mi mano, pues soy reina por mi belleza! ¡Soy reina! Mis caballos corren veloces ante mi vida aventurera, los grandes se quitan el sombrero... ¡Soy bella, soy afortunada! ¡Soy bella! ¡Alrededor mío todo debe florecer! ¡Voy a todo lo que me atrae! ¡Y, si Manón no muriera nunca, esto sería, amigos míos, una carcajada! ¡Ja, ja, ja ,ja! BRÉTIGNY, LOS SEÑORES ¡Bravo! ¡Bravo! ¡Manón! ¡Bravo! MANÓN ¡Ah! ¡Ah! ¡Ah! Obedeced, cuando su voz llama, al tierno amor, siempre, siempre, siempre, mientras que seais bellas. ¡Aprovechad sin temor todos vuestros días! Bebamos la juventud, los días que trae la primavera. Amemos, riamos, cantemos sin cesar, ¡No tenemos mas que veinte años! BRÉTIGNY, LOS SEÑORES (Brétigny y los bajos) ¡Bebamos la juventud! MANÓN ¡Bebamos la juventud! Amemos, riamos, cantemos sin cesar. ¡No tenemos mas que veinte años! BRÉTIGNY, LOS SEÑORES ¡Bebamos la juventud! ¡Riamos! ¡Ah! ¡Ah! MANÓN (riendo) ¡Ah! ¡Ah! El corazón ¡ay de mí! aún el más fiel, olvida en un día el amor, el amor... el amor. Y la juventud levantado el vuelo desaparece para no volver. ¡Bebamos la juventud! ¡Muy corta es la primavera! ¡Amemos, cantemos, riamos sin cesar, no tendremos siempre veinte años! BRÉTIGNY, LOS SEÑORES ¡Bebamos la juventud! MANÓN ¡Bebamos la juventud! ¡Amemos, cantemos, riamos sin cesar, aprovechemos bien nuestros veinte años! ¡Ja, ja! BRÉTIGNY, LOS SEÑORES ¡Bebamos la juventud! ¡Amemos, cantemos, riamos sin cesar, aprovechemos bien nuestros veinte años! ¡Ja, ja! MANÓN (a Brétigny) Y ahora... quedaos aquí un momento. Quiero hacer alguna compra... BRÉTIGNY (con galantería) ¡Con vos desaparece todo el esplendor de la fiesta! ¡Encantadora Manón! ¡Con vos desaparece todo el esplendor de la fiesta! MANÓN ¡Eso es una sosería! ¡Es muy poco galante! ¡No se es un gran señor sin ser un poco poeta! (Manón se aleja y se dirige hacia las pequeñas tiendas del fondo, rodeada de curiosos que salen poco a poco) PASEANTES, VENDEDORES, VENDEDORAS ¡Aquí vienen las mujeres elegantes! ¡Las damas indolentes! ¡Dueñas de los corazones con sus miradas vencedoras! LA MITAD (alejándose) La elegantes... TODAVÍA MENOS (igualmente) ¡Las elegantes! UN VENDEDOR (a lo lejos) ¡Polvo, picadura de tabaco! Escena Quinta BRÉTIGNY No me equivoco, el conde Des Grieux... EL CONDE ¿Señor de Brétigny? BRÉTIGNY Yo mismo. ¡No puedo creer lo que ven mis ojos! ¿Vos en París? EL CONDE Es mi hijo quien me trae. BRÉTIGNY ¿El caballero? EL CONDE Ya no es el caballero, ahora debe ser llamado abate Des Grieux MANÓN (que se aproxima fingiendo hablar a un vendedor) ¡Des Grieux! BRÉTIGNY ¡Abad! ¡Él! ¿Cómo...? EL CONDE ¡El Cielo lo llama! Él quiere entrar en un convento. Está en San Sulpicio, y esta noche en la Sorbona, pronunciará un discurso... (Manón se aleja después de haber oído estas palabras) BRÉTIGNY (sonriendo) ¡Abad! Me extraña, un cambio semejante... EL CONDE (sonriendo también) Sois vos quien lo ha conseguido, cuando se os encargó cortar el amor que lo ligaba a cierta persona... BRÉTIGNY (señalando a Manón que está en el fondo) ¡Más bajo! EL CONDE ¿Es ella? BRÉTIGNY Sí, es Manón. EL CONDE (burlón) Adivino entonces la razón que os hace, con tanto celo, velar por los intereses de mi hijo... (viendo que Manón se aproxima) Pero, ¡perdóneme! Ella quiere hablaros... (Él saluda y se aleja un poco, para sí) ¡Es verdaderamente muy bella! MANÓN (a Brétigny) Yo querría, amigo mío, un brazalete parecido a éste... No puedo encontrarlo... BRÉTIGNY Está bien, yo iré a mirar.. (saluda al conde y sale) EL CONDE (para sí) ¡Es encantadora y entiendo que se la ame! Escena Sexta MANÓN (Al conde, con embarazo) ¡Perdón! Pero estaba allí... cerca de vos, a dos pasos... Escuchaba a pesar mío... Soy muy curiosa... EL CONDE (sonriendo) Es una pequeña falta... muy pequeña... (Saludando, queriéndose alejar) ¡Señora! MANÓN (acercándose) Se trata... de una historia... amorosa. EL CONDE (sorprendido) Pero si... MANÓN (conteniendo su emoción) Es que yo creo... Perdonadme, os lo ruego. Yo creo... que ese abate Des Grieux...en otro tiempo... amaba... EL CONDE ¿A quién amaba? MANÓN A una amiga mía. EL CONDE ¡Ah! ¡Muy bien! MANÓN (con creciente emoción) Él la amaba... y quisiera saber... si su razón triunfó sobre sus sentimientos... Y si, al olvidarse, él ha podido llegar a expulsar de su corazón... el cruel recuerdo. EL CONDE (con ligereza pero expresivo) ¿Para qué saber tantas cosas? ¿Cuando vendrán los días más bellos? ¿Dónde van los primeros amores? ¿Dónde vuela el perfume de las rosas? MANÓN (Para sí) ¡Dios mío! ¡Dios mío! ¡Dame valor para atreverme a preguntárselo todo! ¡Dios mío! ¡Dios mío! ¡Dame valor para atreverme a preguntárselo todo! EL CONDE Ignorarlo es lo más sensato, ¿por qué entretenerse en el pasado? MANÓN ¡Una palabra más!... ¿Él ha sufrido su ausencia? ¿Os ha dicho su nombre? EL CONDE (mirándola fijamente) Sus lágrimas corrían en silencio. MANÓN (Muy emocionada) Cuando lloró... ¿la maldijo? EL CONDE ¡No! MANÓN ¿Él dice que la muchacha que lo traicionó lo había amado? EL CONDE (Después de haber vacilado) ¡Su corazón, curada la herida, está cicatrizando! MANÓN ¿Pero después? EL CONDE (ligeramente y con intención) Él se comportó igual que vuestra amiga. Lo que se debe hacer aquí en la tierra, cuando se es sabio, es olvidar. ¿no es cierto? MANÓN (dolida) ¡Olvidar! (El conde saluda respetuosamente y se retira. Para sí) ...¡Olvidar! (Variación para los teatros que no tienen Ballet) MANÓN (volviendo súbitamente en sí) No, su vida está ligada a la mía para siempre... ¡Él no puede haberme olvidado! (Ella se dispone a salir cuando aparece Lescaut dando el brazo a Rosalinda seguido de la gente. Ella se dirige a Lescaut) ¿Mi primo? LESCAUT (dejando el brazo de Rosalinda y avanzando con diligencia) ¿Os puedo llevar, Prima? MANÓN ¡A San Sulpicio! LESCAUT (sorprendido) ¡A San Sulpicio! ¿Por qué ese capricho tan raro? Perdonadme por hacéroslo repetir... ¿a San Sulpicio? MANÓN (con resolución y con intención de salir) ¡A San Sulpicio! (Ella sale seguida de Lescaut que hace grandes gestos de extrañeza. Vuelve el grupo de señores, damas elegantes, paseantes y vendedores. Entran Brétigny, Guillot y después Lescaut, acompañados de varios amigos. Los pasajes siguientes son hablados) Escena Séptima BRÉTIGNY ¡Respondedme, Guillot! (Se ríe) GUILLOT ¡Nunca! ¡Pero quien ríe el último ríe mejor! BRÉTIGNY ¡Señor de Morfontaine, me lo vais a contar todo! GUILLOT A vos, amigo mío, ¡nada! (Volviéndose a Manón) Pero a vos, ¡oh, reina mía! BRÉTIGNY ¿Os agrada? GUILLOT ¡Pues bien! Sí... la representación que le denegasteis... se realizará dentro de un momento... aquí. (Movimiento entre la gente) BRÉTIGNY ¡Me veo obligado a admitir la derrota! (A Manón) ¡Manón, estáis triste! MANÓN ¡Oh! ¡No! BRÉTIGNY Se diría que unas lágrimas... MANÓN ¡Absurdo! GUILLOT (A Manón) Vamos, Manón, acercaos, por favor, (Con importancia) ¡Va a bailar para vos nuestro nuevo ballet! (a Lescaut) ¡Lescaut, venid! LESCAUT (muy diligente) ¡Al momento!... GUILLOT Tened prudencia... todo corre a mi costa, usted se encargará de dar de beber a toda esta gente. (Arrojando su bolsa) ¿Cuánto necesita? LESCAUT (tomando la bolsa y alejándose) ¡Haremos cuentas después! SEÑORES, PASEANTES, VENDEDORES Y BRÉTIGNY ¡Viene la Ópera! ¡La Ópera! ¡Viene la Ópera! ¡La Ópera ! PRÓLOGO: La Presentación BRÉTIGNY, SEÑORES Y BURGUESES ¡La Ópera! ¡Viene la Ópera! ¡Todo París... todo París... hablará de ella! ¡Hablará de ella! ¡Viene el ballet de la Ópera! (Entre ellos) Es un placer... es un placer... etc. ¡Digno de un rey! ¡Digno de un rey! etc. ¡Y su rival... rabiará! etc. ¡El amigo Guillot... se arruinará! etc. ¡Ha hecho venir al ballet de la Ópera! GUILLOT (a parte, con alegría) ¡Es un placer propio de un rey! ¡Haber hecho venir al ballet de la Ópera a Cours-la-Reine! (Imitando el movimiento de los bailarines) ¡Mi rival rabiará! ¡Sí, rabiará! BRÉTIGNY, SEÑORES Y BURGUESES ¡La Ópera! ¡Viene la Ópera! ¡Todo París... todo París.. hablará de ella! ¡hablará de ella! ¡Es el ballet de la Ópera! BALLET MANÓN (aparte, para sí, turbada) ¡No!.. Su vida y la mía están unidas para siempre. Él no puede haberme olvidado... (Viendo a Lescaut cerca de ella) ¡Mi silla de manos, primo!... LESCAUT ¿Dónde queréis que os lleve, prima? MANÓN ¡A San Sulpicio! LESCAUT ¿Por qué ese capricho tan raro? Perdonadme por hacéroslo repetir... ¿A San Sulpicio? MANÓN ¡A San Sulpicio! GUILLOT Y bien, señora de mi vida, ¿qué me decís? MANÓN ¡No tengo por qué deciros nada! GUILLOT (sorprendido) ¡Nada!... ¿Es ésa la recompensa a mi galantería? ¿Es así como me pagáis? (La variante para los teatros que no presentan ballet vuelve a comenzar aquí) LA MULTITUD ¡Es fiesta en Cours-la-Reine! ¡Allí se baila y se bebe a la salud del rey! ¡A la salud del rey! (El coro continua después de caer el telón) CUADRO SEGUNDO Locutorio del seminario de San Sulpicio Escena Primera (Gran órgano detrás del telón. Damas y burguesas devotas saliendo de la capilla del seminario) CORO DE DAMAS (entre ellas, hablando de Des Grieux) ¡Qué elocuencia! ¡Qué dominio! etc ¡Admirable orador! etc ¡Gran predicador! etc ¡Qué elocuencia! ¡Y qué voz tan dulce! ¡Qué dulzura, y qué fuego! ¡Escuchándolo... el fervor penetra dulcemente hasta el fondo de nuestras almas! ¡Ah! ¡Ah! ¡Qué orador! ¡Orador admirable! ¡Gran predicador! Con qué divino arte, etc pinta su tesis. etc pinta a san Agustín, etc. y a santa Teresa, etc ¡Él mismo es un santo! ¡Eso es cierto! ¡Un santo! ¿No es así, querida mía? Es un santo, etc Eso es cierto, etc ¡Es un santo! ¡Un santo! (Aparece Des Grieux. Las devotas, entre ellas, con devoción) ¡Es él! ¡Es el abad Des Grieux! ¡Ved cómo baja los ojos! (Las devotas y los fieles salen poco a poco después de haber saludado a Des Grieux con profundas reverencias. El pasaje siguiente es hablado) Escena Segunda EL CONDE DES GRIEUX ¡Bravo, querido, un completo éxito! Nuestra familia puede estar orgullosa de tener entre los suyos a un nuevo Bousset. DES GRIEUX ¡Gracias, padre, sobran vuestras alabanzas! (Silencio) EL CONDE Y... ¿es firme, caballero, vuestra intención de uniros para siempre al cielo? DES GRIEUX Sí, pues no he encontrado en la vida mas que amargura y disgusto... EL CONDE (con ligera ironía) ¡Esas son palabras mayores! ¿Qué camino has seguido, y qué sabes tú de la vida, para pensar que acaba ahí? ¡Cásate con alguna honrada muchacha, digna de nosotros, digna de ti... llega a ser padre de familia ni mejor ni peor que yo. El cielo no espera más de ti; ése es tu deber, ¿entiendes?... ¡Ése es tu deber! ¡La virtud que hace mucho ruido no es mejor virtud! ¡Cásate con alguna honrada muchacha, digna de nosotros, digna de ti! El cielo no espera más de ti. ¡Ése es tu deber, ése es tu deber! DES GRIEUX ¡Nada me puede impedir pronunciar mis votos! EL CONDE ¿Está todo dicho, entonces? DES GRIEUX ¡Sí, yo lo quiero de esta manera! EL CONDE ¡Sea! Cruzaré solo esta verja, y anunciaré que tienen un santo en la familia... ¡Sé que muchos no me creerán! DES GRIEUX ¡No os burléis, señor, os lo ruego! EL CONDE (conmovido) ¡Una palabra más! Como no es seguro que te den, de hoy para mañana, una regalía o una abadía... Os enviaré esta tarde treinta mil libras... DES GRIEUX Padre... EL CONDE Te pertenece, es tu parte de la herencia de tu madre; Y ahora... adiós, hijo mío. DES GRIEUX ¡Adiós, padre! EL CONDE ¡Adiós!... Quedaos aquí y rezad. (Sale) Escena Tercera DES GRIEUX (solo) ¡Estoy solo! ¡Solo al fin! ¡Es el momento supremo! (Tranquilo) ¡No deseo otra cosa que el reposo que me proporciona la fe! ¡Sí, he querido poner al mismo Dios entre el mundo y yo! (Muy tranquilo) ¡Ah! Huye, dulce imagen, tan querida por mi corazón; respeta el reposo tan cruelmente ganado, y piensa, si he bebido una amarga copa, que mi corazón la llenará con lo que ha sangrado. ¡Ah! ¡Huye! ¡Huye lejos de mí! ¡Ah! ¡Huye! ¿Qué me importa la vida y la apariencia de gloria? No quiero mas que expulsarlo del fondo de mi memoria... ¡Un nombre maldito! Ese nombre... ¡que me persigue! EL PORTERO DEL SEMINARIO El oficio va a empezar! DES GRIEUX (para sí) ¡Voy! ¡Dios mío! Que vuestra llama purifique mi alma... ¡Y disipe con su fulgor la sombra que pesa todavía en el fondo de mi corazón! ¡Ah! ¡Huye, dulce imagen, tan querida por mi corazón! ¡Ah! ¡Huye! ¡Huye lejos de mí! ¡Ah! ¡Huye lejos de mí! ¡lejos de mí! (Campana lejana) Escena Cuarta EL PORTERO DEL SEMINARIO ¡Él es joven... y su fe parece sincera... ha provocado una gran emoción entre las más bellas de nuestras fieles! (Aparece Manón) Escena Quinta MANÓN (con esfuerzo) ¡Señor... quiero hablar... con... el abad... Des Grieux! EL PORTERO DEL SEMINARIO ¡Muy bien! MANÓN (dándole dinero) ¡Tened! (El portero del seminario saluda y sale) Escena Sexta Estos muros silenciosos... Este aire frío que se respira... ¡Siempre que todo esto no haya cambiado su corazón! Llegará a no tener piedad por un loco error... ¡Quizás no haya aprendido a maldecir! VOCES DENTRO DE LA CAPILLA DEL SEMINARIO (a lo lejos) Magnificat anima mea Dominun, Et exultavit spiritus meus. MANÓN (escuchando) Allá... se reza... ¡Ah! ¡quisiera rezar! ¡Perdóname, Dios todopoderoso! ¡Perdóname, Dios todopoderosos, si me atrevo a suplicarte, implorando tu clemencia! Si mi voz desde aquí... puede subir hasta el cielo.. ¡ah! (Muy expresiva) ¡Es para pedirte el corazón de Des Grieux! ¡Perdóname, Dios mío! ¡Perdóname, Dios mío! VOCES DENTRO DE LA CAPILLA DEL SEMINARIO In Deo salutari meo, Salutari meo. (Des Grieux entra por el fondo) Escena Séptima MANÓN (con congoja) ¡Es él! (Manón se vuelve y está a punto de desmayarse. Des Grieux se acerca) DES GRIEUX ¡Tú! (Casi hablado) ¡Vos! MANÓN ¡Sí... soy yo!... ¡Soy yo! ¡Sí! ¡Soy yo! DES GRIEUX ¿Qué vienes a hacer aquí? ¡Vete! ¡Vete! ¡Aléjate! MANÓN (dolorosa y suplicante) ¡Sí! ¡Fui cruel y culpable! ¡Pero acordaros de la intensidad de nuestro amor! ¡Ah! En esa mirada que me abruma ¿leeré mi perdón algún día? DES GRIEUX ¡Aléjate! MANÓN ¡Sí! ¡Fui cruel y culpable! ¡Ah! ¡acordaros de la intensidad de nuestro amor! ¡Acordaros de de la intensidad de nuestro amor! DES GRIEUX ¡No! Yo había escrito sobre la arena el sueño de un amor insensato que el cielo sólo hizo duradero un instante... (Con amargura) ¡Por un día! MANÓN ¡Sí! ¡Fui culpable! ¡Sí! Fui cruel... DES GRIEUX Yo lo había escrito sobre la arena... ¡Era un sueño que el cielo sólo hizo duradero un instante, un día! ¡Ah! ¡Pérfida Manón! MANÓN (aproximándose) Si yo me arrepintiera... DES GRIEUX ¡Ah! ¡Pérfida! ¡Pérfida! MANÓN ¿No tendrías piedad? DES GRIEUX (interrumpìéndola) Yo no quiero creeros... ¡No! Vos habéis salido por fin de mi memoria... ¡Así como de mi corazón! MANÓN (Con lágrimas) ¡Ay de mí! ¡Ay de mí! El pájaro que huye, de lo que él cree que es esclavitud, muy a menudo regresa por la noche, y en un vuelo desesperado ¡se golpea con el cristal! ¡Perdóname! DES GRIEUX ¡No! MANÓN Me pongo a tus pies... (Con ímpetu y desesperación) ¡Ah! ¡Revive nuestro amor si quieres que viva! DES GRIEUX ¡No! ¡Él está muerto para vos! MANÓN ¿Es que no puede revivir? ¡Escúchame!... ¡Recuerda!... (Con gran encanto y muy dulce) ¿Mi mano ya no cogerá tu mano? ¿Ya no oirás mi voz? ¿Ya no será para tí una caricia como en otras ocasiones? ¿Y estos ojos, antes para tí llenos de encanto, ya no brillarán a través (Con un sollozo) de mis lágrimas? (Muy emocionada y jadeante) ¿Ya no seré yo? ¿Ya no escucharé mi nombre? ¡Ah! ¡Mírame! ¡Mírame! ¿Mi mano ya no cogerá tu mano como en otras ocasiones? ¿Ya no oiré mi nombre? ¡Ya no oiré Manón! Acuérdate... ¿Ya no será mi mano? Escúchame: ¿Ya no oiré tu voz? ¿Ya no escucharé mi nombre? ¿Ya no oiré Manón? DES GRIEUX (muy perturbado) ¡Dios mío! Protéjeme en este instante supremo... MANÓN ¡Te amo! DES GRIEUX ¡Ah! ¡Cállate! No hables de amor aquí... es una blasfemia... MANÓN ¡Te amo! DES GRIEUX ¡Ah! ¡Cállate! ¡No hables de amor! MANÓN (febril) ¡Te amo! (Campana lejana) DES GRIEUX (escuchando, con angustia) Es la hora de rezar... MANÓN ¡No! ¡No te dejo! DES GRIEUX ¡Se me reclama allí!... MANÓN ¡No! ¡No te dejo! ¡Ven! (Febril) ¿Mi mano ya no cogerá tu mano como en otras ocasiones? DES GRIEUX (poco a poco más violento) ¡Como en otras ocasiones! MANÓN Y estos ojos, antes para tí llenos de encanto... ¿Ya no oiré Manón? DES GRIEUX Como en otras ocasiones... Como en otras ocasiones... MANÓN ¡Ah! ¡Mírame! ¿Ya no seré yo? ¿Ya no oiré Manón? DES GRIEUX (con ímpetu) ¡Ah! ¡Manón! ¡No quiero luchar contra mí mismo! MANÓN (con un grito de alegría) ¡Por fin! DES GRIEUX E incluso si hago hundirse sobre mí el Cielo... Mi vida está en tu corazón, mi vida está en tus ojos... (Con exaltación y abandono) ¡Ah! ¡Ven! ¡Manón! ¡Te amo! MANÓN Y DES GRIEUX (con ardor) ¡Te amo! TELÓN |
Fuente del libreto: https://www.geocities.com/ubeda2002/manon/acto3.htm
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